{"id":169,"date":"2018-03-08T15:07:53","date_gmt":"2018-03-08T14:07:53","guid":{"rendered":"http:\/\/savoiedefemme.fr\/?page_id=169"},"modified":"2018-05-04T15:06:44","modified_gmt":"2018-05-04T13:06:44","slug":"les-idees-recues","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/contact\/les-idees-recues\/","title":{"rendered":"Les id\u00e9es re\u00e7ues"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De nombreuses id\u00e9es re\u00e7ues gravitent autour des violences conjugales. Ces id\u00e9es re\u00e7ues ont pour effet de les banaliser et de les rendre acceptables et normales. Elles dissuadent par ailleurs les personnes d\u2019intervenir et emp\u00eachent les victimes de se reconna\u00eetre comme telles. Dans cet article, SaVoie de femme souhaite d\u00e9construire ces pr\u00e9jug\u00e9s pour amorcer une meilleure compr\u00e9hension de ce que vivent les femmes victimes.<\/p>\n<p><strong>Aller au-del\u00e0 des id\u00e9es re\u00e7ues, c\u2019est lutter plus efficacement contre les violences conjugales.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-397 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-1-e1523521151502.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<\/div>\n<p>Les violences conjugales sont le\u00a0<strong>sympt\u00f4me d\u2019une culture patriarcale qui n\u2019est pas l\u2019apanage d\u2019un milieu social en particulier<\/strong>. La domination de l\u2019homme sur la femme, le besoin de pouvoir et de contr\u00f4le sur l\u2019autre n\u2019est pas d\u00e9pendant des ressources financi\u00e8res ou de l\u2019origine sociale. Les violences ont lieu dans tous les milieux sociaux, \u00e9conomiques et culturels, dans tous les contextes \u00e9ducatifs et religieux et touchent autant les femmes vivant en milieu urbain qu\u2019en milieu rural. Nos intervenantes sociales peuvent t\u00e9moigner de cette\u00a0<strong>h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e re\u00e7ue se nourrit, entre autres, d\u2019une sous-d\u00e9claration des violences dans les milieux plus ais\u00e9s, o\u00f9 des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0\u00a0<strong>l\u2019image, au statut, au confort mat\u00e9riel, \u00e0 la honte<\/strong>, entrent en compte au moment de la d\u00e9nonciation. \u00ab\u00a0Ce sont des choses dont on ne parle pas\u00a0\u00bb, entend-t-on souvent. Par ailleurs,\u00a0certaines femmes envisagent difficilement de demander l\u2019aide d\u2019assistantes sociales, dissuad\u00e9es par les repr\u00e9sentations qu\u2019elles se font du public vis\u00e9 par les travailleur.se.s sociaux.ales.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est donc pas parce qu\u2019un couple m\u00e8ne une vie ais\u00e9e qu\u2019il est \u00e0 l\u2019abri des violences. Entretenir cette id\u00e9e re\u00e7ue est particuli\u00e8rement dangereux dans la mesure o\u00f9 les femmes de milieux ais\u00e9s\u00a0<strong>ne se reconnaissent alors pas dans le<\/strong>\u00a0<strong>profil de la \u00ab\u00a0femme battue\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0et sortent difficilement de la violence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-398 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-1-1-e1523521327218.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>D\u00e8s lors qu\u2019il y a violence, cela devient l\u2019affaire de tou-te-s et la justice doit prot\u00e9ger la victime.<\/p>\n<p>Il faut faire la diff\u00e9rence entre le conflit de couple et les violences conjugales. Le conflit de couple repose sur une \u00e9gale libert\u00e9 d\u2019expression des deux conjoint.e.s et un enjeu de\u00a0<strong>pouvoir sur la situation<\/strong>. Dans le cas de la violence conjugale, l\u2019enjeu est en revanche celui du\u00a0<strong>pouvoir sur<\/strong>\u00a0<strong>l\u2019autre<\/strong>. Vouloir contr\u00f4ler et dominer l\u2019autre est la limite entre conflit et violence.<\/p>\n<p>Dans le conflit, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 s\u2019exprime. Dans un cas de violence au contraire,\u00a0<strong>l\u2019autre est ni\u00e9 dans sa qualit\u00e9 de sujet<\/strong>. L\u2019emprise prend le pas sur le relationnel.<\/p>\n<p>C\u2019est toute la difficult\u00e9 des violences conjugales :<strong>\u00a0intervenant dans la sph\u00e8re priv\u00e9e, elles ne doivent n\u00e9anmoins pas y \u00eatre abandonn\u00e9es<\/strong>. Pour mettre fin \u00e0 ces situations, il faut au contraire sortir du priv\u00e9 : en parler, d\u00e9noncer, demander de l\u2019aide.<\/p>\n<p>L\u2019<strong>isolement<\/strong>\u00a0rend la situation de la victime encore plus dangereuse et difficile \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>Que peut-on faire ? Permettre \u00e0 la victime de parler, de discuter, de mettre des mots sur ce qu\u2019elle vit. Ne pas la juger et adopter une position d\u2019\u00e9coute bienveillante. Lui proposer une aide mat\u00e9rielle, dont elle manque souvent, comme l\u2019accompagner chez le m\u00e9decin, au poste de police ou de gendarmerie ou chez un.e professionnel.le des violences conjugales. Lui proposer un acc\u00e8s \u00e0 internet ou au t\u00e9l\u00e9phone. Lui parler du num\u00e9ro \u00ab\u00a0violences femmes info\u00a0\u00bb, le\u00a0<strong>3919<\/strong>, ou le\u00a0<strong>04-79-85-53-68<\/strong>\u00a0si elle r\u00e9side en Savoie.<\/p>\n<p>En intervenant dans une situation de violence conjugale, vous ne vous m\u00ealez pas d\u2019une affaire de couple. Vous sauvez une vie, au sens figur\u00e9 comme au sens propre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-399 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-2-1-e1523521426232.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/p>\n<p>Les violences conjugales rel\u00e8vent le plus souvent d\u2019un besoin de contr\u00f4le et de domination dans le couple, qui n\u2019apparaissent pas seulement le temps d\u2019une fatigue passag\u00e8re. Ces comportements finissent r\u00e9guli\u00e8rement par se reproduire. De plus, il ne s\u2019agit souvent pas d\u2019une perte de sang-froid mais au contraire d\u2019une r\u00e9action sous contr\u00f4le et conscientis\u00e9e.<\/p>\n<p>Fatigue, col\u00e8re, mauvaise humeur, jalousie\u2026\u00a0<strong>rien ne justifie la violence !<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-406 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-3-1-e1523521897245.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>Une gifle au sein du couple, c\u2019est de la violence. Blesser l\u2019autre, ce n\u2019est pas l\u2019aimer.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de violence moins importante qu\u2019une autre. La gifle, comme n\u2019importe quel autre acte de violence physique, est un signe de m\u00e9pris, de domination et d\u2019insulte et ces sentiments ne s\u2019effacent pas si facilement. Que la gifle soit le produit ou non d\u2019une situation particuli\u00e8re, c\u2019est de toute fa\u00e7on le sympt\u00f4me d\u2019un besoin de contr\u00f4le physique sur l\u2019autre. Une gifle, c\u2019est donc le d\u00e9but d\u2019une s\u00e9rie d\u2019autres gifles, et donc d\u2019un cycle de violence.<\/p>\n<p>Les professionnel.le.s des violences conjugales sont tou.te.s d\u2019accord sur ce point :\u00a0<strong>il faut intervenir d\u00e8s la premi\u00e8re gifle<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-400 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-4-1-e1523521939748.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>Sans doute l\u2019une des id\u00e9es re\u00e7ues les plus dangereuses.<\/p>\n<p>De nombreux facteurs emp\u00eachent une femme de partir :\u00a0<strong>la peur, la honte, la culpabilit\u00e9, l\u2019espoir que la situation change, la d\u00e9pendance financi\u00e8re, les enfants, l\u2019amour, l\u2019intimidation<\/strong>\u00a0etc.<\/p>\n<p>Les femmes victimes de violences conjugales sont sous\u00a0<strong>l\u2019emprise<\/strong>\u00a0de leur conjoint, c\u2019est-\u00e0-dire que des stratag\u00e8mes sont adopt\u00e9s pour annihiler toute forme d\u2019individualit\u00e9. Ainsi, il fait dispara\u00eetre ce qui fait de la personne une personne \u00e0 part enti\u00e8re. Ses go\u00fbts, ses aspirations, ses ami.e.s, sa famille, font syst\u00e9matiquement l\u2019objet d\u2019attaque.<\/p>\n<p>La victime efface petit \u00e0 petit sa personnalit\u00e9 afin de satisfaire les besoins de son conjoint et \u00e9viter les \u00e9pisodes violents.<\/p>\n<p>Elle peut \u00e9galement finir par renoncer \u00e0 toute forme de bien-\u00eatre personnel et\u00a0<strong>plut\u00f4t privil\u00e9gier son confort. Confort mat\u00e9riel, stabilit\u00e9 familiale, routine rassurante\u2026<\/strong>\u00a0Partir signifie y renoncer, car bien souvent c\u2019est le conjoint qui tire toutes les ficelles financi\u00e8res et mat\u00e9rielles (pr\u00eats bancaires, assurance voiture, forfaits t\u00e9l\u00e9phoniques et internet, compte en banque \u00e0 son nom\u2026). La personne victime choisit donc de privil\u00e9gier ses\u00a0<strong>besoins vitaux (alimentation, logement)<\/strong>\u00a0\u00e0 son bien-\u00eatre et son int\u00e9grit\u00e9 physique.<\/p>\n<p>Cela demande beaucoup de courage, de travail sur soi et de pr\u00e9paration mat\u00e9rielle pour quitter un conjoint qui vous contr\u00f4le et vous intimide au quotidien.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas non plus qu\u2019il s\u2019agit du couple et d\u2019une intimit\u00e9 que l\u2019observateur ext\u00e9rieur serait malais\u00e9 de juger. Quitter la personne que l\u2019on aime, m\u00eame violente, n\u2019est pas si facile : la\u00a0<strong>d\u00e9pendance affective, la peur de la solitude, les phases de \u00ab\u00a0lune de miel\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0(excuses, cadeaux, promesses), rendent la d\u00e9cision de partir difficile.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas enfin et surtout que quitter un conjoint violent peut-\u00eatre\u00a0<strong>dangereux<\/strong>. De nombreux homicides ont lieu lorsque la femme est sur le point de ou vient de quitter son conjoint. Les menaces quotidiennes cr\u00e9ent un climat terrifiant, suffisant pour dissuader de partir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-401 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-5-1-e1523521996501.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>Toutes les \u00e9tudes le prouvent :\u00a0<strong>l\u2019alcool ou la drogue ne sont pas la cause de la violence.\u00a0<\/strong>Ces substances peuvent accentuer la violence mais n\u2019en sont en aucun cas la cause.\u00a0L\u2019\u00e9tude nationale de 2016 sur les morts violentes au sein du couple, r\u00e9alis\u00e9e par la d\u00e9l\u00e9gation aux victimes pour le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, r\u00e9v\u00e8le ainsi que ces violences sont majoritairement commises sans pr\u00e9sence d\u2019addiction ou de substance alt\u00e9rant le discernement de l\u2019auteur et de la victime (60,14% des cas).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-402 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-6-1-e1523522021800.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p><strong>Le parcours pour sortir du cycle de la violence est long<\/strong>. Il est souvent ponctu\u00e9 par des retours au domicile et c\u2019est dans ces moments-l\u00e0 qu\u2019il ne faut pas abandonner la victime et continuer \u00e0 la soutenir dans ses d\u00e9marches. Il faut lui laisser le temps de faire ses choix et \u00e9viter de l\u2019infantiliser. Il s&rsquo;agit de comprendre qu&rsquo;elle est sous emprise et vit au rythme du <a href=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/le-cycle-de-la-violence\/\">cycle de la violence<\/a>. Comprendre la m\u00e9canique du cycle de la violence permet d&rsquo;expliquer certaines r\u00e9actions <em>a priori<\/em> incoh\u00e9rentes de la part de la victime.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part du domicile est toujours positif, car cela montre que la victime retrouve l\u2019envie de\u00a0<strong>s\u2019\u00e9loigner de cette situation toxique<\/strong>.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas que lorsque la victime est partie, le conjoint ne reste pas inactif. Il utilise de nombreux moyens pour la faire revenir ; il peut la suivre, la menacer. C\u2019est aussi pendant ces p\u00e9riodes que ce dernier promet de changer et place la victime en sauveuse en lui signifiant que sans son aide, son comportement ne pourra s\u2019am\u00e9liorer.<\/p>\n<p>De plus, lorsque le couple a des enfants, ils peuvent devenir le m\u00e9dium par lequel le conjoint violent continue \u00e0 exercer son emprise psychologique et mat\u00e9rielle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-403 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-7-1-e1523522041687.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>Subir des violences conjugales ne signifie pas forc\u00e9ment recevoir des coups.<\/p>\n<p>Plusieurs formes de violences existent, et souvent se combinent,\u00a0<strong>sans que l\u2019une ne soit moins grave qu\u2019une autre<\/strong>. Ici encore, entretenir l\u2019id\u00e9e re\u00e7ue selon laquelle la violence n\u2019est que physique am\u00e8ne des femmes \u00e0 ne pas se reconna\u00eetre comme victimes.<\/p>\n<ul>\n<li>Violence\u00a0<strong>verbale<\/strong>\u00a0: insultes, menaces, doute sur soi, angoisses, peur, intimidation<\/li>\n<li>Violence\u00a0<strong>\u00e9conomique<\/strong>\u00a0: privation de ressources, obligation \u00e0 l\u2019endettement, comptes bancaires et aides sociales au nom du conjoint\u2026 d\u00e9poss\u00e9dant les victimes de toute autonomie financi\u00e8re<\/li>\n<li>Violence\u00a0<strong>psychologique<\/strong>\u00a0: harc\u00e8lement, d\u00e9nigrement, jalousie, d\u00e9valorisation, humiliation<\/li>\n<li>Violence\u00a0<strong>machiste<\/strong>\u00a0: bonne \u00e0 tout faire, exigences vestimentaires et esth\u00e9tiques<\/li>\n<li>Violence\u00a0<strong>mat\u00e9rielle<\/strong>\u00a0: objets cass\u00e9s<\/li>\n<li><strong>Isolement<\/strong>\u00a0: privation de d\u00e9placement, de papiers, s\u00e9questration, s\u00e9paration de la famille et des ami.e.s, interdiction de sortie (loisirs, vie sociale)<\/li>\n<li>Violence\u00a0<strong>sexuelle<\/strong>\u00a0: la plus cach\u00e9e. Viol conjugal, agression sexuelle, harc\u00e8lement, prostitution<\/li>\n<li><strong>Chantage aux enfants<\/strong>\u00a0: papiers, menaces d\u2019enl\u00e8vement, d\u00e9nigrement de la m\u00e8re<\/li>\n<li><strong>Violence num\u00e9rique<\/strong> : harc\u00e8lement par SMS, messages Facebook ou autres applications smartphone (Snapchat, Instagram, What&rsquo;sapp), piratage des comptes Facebook ou autre, surveillance et contr\u00f4le gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9olocalisation des smartphones,\u00a0diffusion de photos ou vid\u00e9o intimes\/\u00e0 caract\u00e8re sexuel\u00a0sans consentement ou d&rsquo;informations priv\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les violences psychologiques et physiques sont intimement li\u00e9es. S\u2019il peut y avoir violence psychologique, verbale, sexuelle etc. sans violence physique, l\u2019inverse n\u2019est pas vrai : tous les auteurs de violences physiques \u00e9tablissent\u00a0<strong>d\u2019abord une emprise psychologique<\/strong>.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les violences psychologiques sont celles qui perdurent le plus longtemps, m\u00eame apr\u00e8s la s\u00e9paration. N\u2019ayant plus acc\u00e8s aux espaces priv\u00e9s qui lui permettaient d\u2019\u00eatre violent physiquement, l\u2019auteur compense en maintenant une pression et une emprise psychologique \u00e0 distance. Lorsqu\u2019il y a des enfants, c\u2019est le plus souvent \u00e0 travers eux que cette pression se manifeste.<\/p>\n<p>Les autres formes de violences que les violences physiques sont d\u2019autant plus dangereuses qu\u2019elles\u00a0<strong>affectent durablement l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et la confiance en soi de la victime<\/strong>\u00a0et qu\u2019elles sont\u00a0<strong>plus difficilement rep\u00e9rables et condamnables<\/strong>. De nombreux.ses professionnel.le.s sont encore mal form\u00e9.e.s sur la mani\u00e8re de les rep\u00e9rer et il est souvent difficile de les prouver : peu de proc\u00e8s sont gagn\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-404 size-full\" src=\"https:\/\/savoiedefemme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/COMMENT-CA-SE-PASSE-DANS-MON-COUPLE-_-8-1-e1523522065125.png\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"68\" \/><\/h5>\n<p>Bien souvent, les auteurs de violences conjugales entretiennent en dehors de la sph\u00e8re priv\u00e9e une image d\u2019homme charmant, sociable et de bon p\u00e8re quand il y a des enfants. Soucieux de contr\u00f4ler leur image et d\u2019entretenir une apparence de contr\u00f4le de leur vie intime, il arrive souvent que l\u2019entourage familial, les voisins, les ami.e.s ne soup\u00e7onnent pas les violences, sous couvert de\u00a0<strong>\u00ab\u00a0personnalit\u00e9s\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0monsieur est bout-en-train, madame est plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9e\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Nos intervenantes sociales retrouvent ce d\u00e9doublement comportemental dans beaucoup de situations \u00e0 l\u2019association. Cela rend la situation des femmes victimes encore plus difficile :\u00a0<strong>\u00ab\u00a0personne ne me croira, tout le monde l\u2019aime\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0il s\u2019entend bien avec tout le monde, pour quoi je vais passer si je porte plainte ?\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>De plus, le conjoint a souvent isol\u00e9 au fur et \u00e0 mesure la victime de son entourage. Les ami.e.s et la famille du conjoint deviennent son unique r\u00e9seau social. Leur parler des violences conjugales qu\u2019elle subit devient d\u00e9licat.<\/p>\n<p>Quant au \u00ab\u00a0bon p\u00e8re\u00a0\u00bb, on sait aujourd\u2019hui que la violence conjugale a des cons\u00e9quences dramatiques sur les enfants, dont on ne parle d\u2019ailleurs plus comme des \u00ab\u00a0enfants-t\u00e9moins\u00a0\u00bb mais comme des \u00ab\u00a0enfants-victimes\u00a0\u00bb. Certains enfants pr\u00e9sentent les m\u00eames\u00a0<strong>troubles de stress post-traumatiques<\/strong>\u00a0que leur m\u00e8re : insomnies, cauchemars, reviviscences,\u00a0 troubles alimentaires, phobies, troubles du comportement\u2026 Les parents et le climat familial qu\u2019ils cr\u00e9ent sont les premiers mod\u00e8les des enfants, desquels ils s\u2019inspirent pour se construire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; De nombreuses id\u00e9es re\u00e7ues gravitent autour des violences conjugales. Ces id\u00e9es re\u00e7ues ont pour effet de les banaliser et de les rendre acceptables et normales. Elles dissuadent par ailleurs les personnes d\u2019intervenir et emp\u00eachent les victimes de se reconna\u00eetre comme telles. Dans cet article, SaVoie de femme souhaite d\u00e9construire ces pr\u00e9jug\u00e9s pour amorcer une meilleure compr\u00e9hension de ce que vivent les femmes victimes. Aller au-del\u00e0 des id\u00e9es re\u00e7ues, c\u2019est lutter plus efficacement contre les violences conjugales. &nbsp; Les violences conjugales sont le\u00a0sympt\u00f4me d\u2019une culture patriarcale qui n\u2019est pas l\u2019apanage d\u2019un milieu social en particulier. La domination de l\u2019homme sur la femme, le besoin de pouvoir et de contr\u00f4le sur l\u2019autre n\u2019est pas d\u00e9pendant des ressources financi\u00e8res ou de l\u2019origine sociale. Les violences ont lieu dans tous les milieux sociaux, \u00e9conomiques et culturels, dans tous les contextes \u00e9ducatifs et religieux et touchent autant les femmes vivant en milieu urbain qu\u2019en milieu rural. Nos intervenantes sociales peuvent t\u00e9moigner de cette\u00a0h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9. Cette id\u00e9e re\u00e7ue se nourrit, entre autres, d\u2019une sous-d\u00e9claration des violences dans les milieux plus ais\u00e9s, o\u00f9 des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0\u00a0l\u2019image, au statut, au confort mat\u00e9riel, \u00e0 la honte, entrent en compte au moment de la d\u00e9nonciation. \u00ab\u00a0Ce sont des choses dont on ne parle pas\u00a0\u00bb, entend-t-on souvent. Par ailleurs,\u00a0certaines femmes envisagent difficilement de demander l\u2019aide d\u2019assistantes sociales, dissuad\u00e9es par les repr\u00e9sentations qu\u2019elles se font du public vis\u00e9 par les travailleur.se.s sociaux.ales. Ce n\u2019est donc pas parce qu\u2019un couple m\u00e8ne une vie ais\u00e9e qu\u2019il est \u00e0 l\u2019abri des violences. Entretenir cette id\u00e9e re\u00e7ue est particuli\u00e8rement dangereux dans la mesure o\u00f9 les femmes de milieux ais\u00e9s\u00a0ne se reconnaissent alors pas dans le\u00a0profil de la \u00ab\u00a0femme battue\u00a0\u00bb\u00a0et sortent difficilement de la violence. &nbsp; D\u00e8s lors qu\u2019il y a violence, cela devient l\u2019affaire de tou-te-s et la justice doit prot\u00e9ger la victime. Il faut faire la diff\u00e9rence entre le conflit de couple et les violences conjugales. Le conflit de couple repose sur une \u00e9gale libert\u00e9 d\u2019expression des deux conjoint.e.s et un enjeu de\u00a0pouvoir sur la situation. Dans le cas de la violence conjugale, l\u2019enjeu est en revanche celui du\u00a0pouvoir sur\u00a0l\u2019autre. Vouloir contr\u00f4ler et dominer l\u2019autre est la limite entre conflit et violence. Dans le conflit, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 s\u2019exprime. Dans un cas de violence au contraire,\u00a0l\u2019autre est ni\u00e9 dans sa qualit\u00e9 de sujet. L\u2019emprise prend le pas sur le relationnel. C\u2019est toute la difficult\u00e9 des violences conjugales :\u00a0intervenant dans la sph\u00e8re priv\u00e9e, elles ne doivent n\u00e9anmoins pas y \u00eatre abandonn\u00e9es. Pour mettre fin \u00e0 ces situations, il faut au contraire sortir du priv\u00e9 : en parler, d\u00e9noncer, demander de l\u2019aide. L\u2019isolement\u00a0rend la situation de la victime encore plus dangereuse et difficile \u00e0 vivre. Que peut-on faire ? Permettre \u00e0 la victime de parler, de discuter, de mettre des mots sur ce qu\u2019elle vit. Ne pas la juger et adopter une position d\u2019\u00e9coute bienveillante. Lui proposer une aide mat\u00e9rielle, dont elle manque souvent, comme l\u2019accompagner chez le m\u00e9decin, au poste de police ou de gendarmerie ou chez un.e professionnel.le des violences conjugales. Lui proposer un acc\u00e8s \u00e0 internet ou au t\u00e9l\u00e9phone. Lui parler du num\u00e9ro \u00ab\u00a0violences femmes info\u00a0\u00bb, le\u00a03919, ou le\u00a004-79-85-53-68\u00a0si elle r\u00e9side en Savoie. En intervenant dans une situation de violence conjugale, vous ne vous m\u00ealez pas d\u2019une affaire de couple. Vous sauvez une vie, au sens figur\u00e9 comme au sens propre. &nbsp; Les violences conjugales rel\u00e8vent le plus souvent d\u2019un besoin de contr\u00f4le et de domination dans le couple, qui n\u2019apparaissent pas seulement le temps d\u2019une fatigue passag\u00e8re. Ces comportements finissent r\u00e9guli\u00e8rement par se reproduire. De plus, il ne s\u2019agit souvent pas d\u2019une perte de sang-froid mais au contraire d\u2019une r\u00e9action sous contr\u00f4le et conscientis\u00e9e. Fatigue, col\u00e8re, mauvaise humeur, jalousie\u2026\u00a0rien ne justifie la violence ! &nbsp; Une gifle au sein du couple, c\u2019est de la violence. Blesser l\u2019autre, ce n\u2019est pas l\u2019aimer. Il n\u2019y a pas de violence moins importante qu\u2019une autre. La gifle, comme n\u2019importe quel autre acte de violence physique, est un signe de m\u00e9pris, de domination et d\u2019insulte et ces sentiments ne s\u2019effacent pas si facilement. Que la gifle soit le produit ou non d\u2019une situation particuli\u00e8re, c\u2019est de toute fa\u00e7on le sympt\u00f4me d\u2019un besoin de contr\u00f4le physique sur l\u2019autre. Une gifle, c\u2019est donc le d\u00e9but d\u2019une s\u00e9rie d\u2019autres gifles, et donc d\u2019un cycle de violence. Les professionnel.le.s des violences conjugales sont tou.te.s d\u2019accord sur ce point :\u00a0il faut intervenir d\u00e8s la premi\u00e8re gifle. &nbsp; Sans doute l\u2019une des id\u00e9es re\u00e7ues les plus dangereuses. De nombreux facteurs emp\u00eachent une femme de partir :\u00a0la peur, la honte, la culpabilit\u00e9, l\u2019espoir que la situation change, la d\u00e9pendance financi\u00e8re, les enfants, l\u2019amour, l\u2019intimidation\u00a0etc. Les femmes victimes de violences conjugales sont sous\u00a0l\u2019emprise\u00a0de leur conjoint, c\u2019est-\u00e0-dire que des stratag\u00e8mes sont adopt\u00e9s pour annihiler toute forme d\u2019individualit\u00e9. Ainsi, il fait dispara\u00eetre ce qui fait de la personne une personne \u00e0 part enti\u00e8re. Ses go\u00fbts, ses aspirations, ses ami.e.s, sa famille, font syst\u00e9matiquement l\u2019objet d\u2019attaque. La victime efface petit \u00e0 petit sa personnalit\u00e9 afin de satisfaire les besoins de son conjoint et \u00e9viter les \u00e9pisodes violents. Elle peut \u00e9galement finir par renoncer \u00e0 toute forme de bien-\u00eatre personnel et\u00a0plut\u00f4t privil\u00e9gier son confort. Confort mat\u00e9riel, stabilit\u00e9 familiale, routine rassurante\u2026\u00a0Partir signifie y renoncer, car bien souvent c\u2019est le conjoint qui tire toutes les ficelles financi\u00e8res et mat\u00e9rielles (pr\u00eats bancaires, assurance voiture, forfaits t\u00e9l\u00e9phoniques et internet, compte en banque \u00e0 son nom\u2026). La personne victime choisit donc de privil\u00e9gier ses\u00a0besoins vitaux (alimentation, logement)\u00a0\u00e0 son bien-\u00eatre et son int\u00e9grit\u00e9 physique. Cela demande beaucoup de courage, de travail sur soi et de pr\u00e9paration mat\u00e9rielle pour quitter un conjoint qui vous contr\u00f4le et vous intimide au quotidien. N\u2019oublions pas non plus qu\u2019il s\u2019agit du couple et d\u2019une intimit\u00e9 que l\u2019observateur ext\u00e9rieur serait malais\u00e9 de juger. Quitter la personne que l\u2019on aime, m\u00eame violente, n\u2019est pas si facile : la\u00a0d\u00e9pendance affective, la peur de la solitude, les phases de \u00ab\u00a0lune de miel\u00a0\u00bb\u00a0(excuses, cadeaux, promesses), rendent la d\u00e9cision de partir difficile. N\u2019oublions pas enfin et surtout que quitter un conjoint violent peut-\u00eatre\u00a0dangereux. De nombreux homicides ont lieu lorsque la femme est sur le point de ou vient de quitter son conjoint. Les menaces quotidiennes cr\u00e9ent un climat terrifiant, suffisant pour dissuader de partir. &nbsp; Toutes les \u00e9tudes le prouvent :\u00a0l\u2019alcool ou la drogue ne sont pas la cause de la violence.\u00a0Ces substances peuvent accentuer la violence mais n\u2019en sont en aucun cas la cause.\u00a0L\u2019\u00e9tude nationale de 2016 sur les morts violentes au sein du couple, r\u00e9alis\u00e9e par la d\u00e9l\u00e9gation aux victimes pour le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, r\u00e9v\u00e8le ainsi que ces violences sont majoritairement commises sans pr\u00e9sence d\u2019addiction ou de substance alt\u00e9rant le discernement de l\u2019auteur et de la victime (60,14% des cas). &nbsp; Le parcours pour sortir du cycle de la violence est long. Il est souvent ponctu\u00e9 par des retours au domicile et c\u2019est dans ces moments-l\u00e0 qu\u2019il ne faut pas abandonner la victime et continuer \u00e0 la soutenir dans ses d\u00e9marches. Il faut lui laisser le temps de faire ses choix et \u00e9viter de l\u2019infantiliser. Il s&rsquo;agit de comprendre qu&rsquo;elle est sous emprise et vit au rythme du cycle de la violence. Comprendre la m\u00e9canique du cycle de la violence permet d&rsquo;expliquer certaines r\u00e9actions a priori incoh\u00e9rentes de la part de la victime. Le d\u00e9part du domicile est toujours positif, car cela montre que la victime retrouve l\u2019envie de\u00a0s\u2019\u00e9loigner de cette situation toxique. N\u2019oublions pas que lorsque la victime est partie, le conjoint ne reste pas inactif. Il utilise de nombreux moyens pour la faire revenir ; il peut la suivre, la menacer. C\u2019est aussi pendant ces p\u00e9riodes que ce dernier promet de changer et place la victime en sauveuse en lui signifiant que sans son aide, son comportement ne pourra s\u2019am\u00e9liorer. De plus, lorsque le couple a des enfants, ils peuvent devenir le m\u00e9dium par lequel le conjoint violent continue \u00e0 exercer son emprise psychologique et mat\u00e9rielle. &nbsp; Subir des violences conjugales ne signifie pas forc\u00e9ment recevoir des coups. Plusieurs formes de violences existent, et souvent se combinent,\u00a0sans que l\u2019une ne soit moins grave qu\u2019une autre. Ici encore, entretenir l\u2019id\u00e9e re\u00e7ue selon laquelle la violence n\u2019est que physique am\u00e8ne des femmes \u00e0 ne pas se reconna\u00eetre comme victimes. Violence\u00a0verbale\u00a0: insultes, menaces, doute sur soi, angoisses, peur, intimidation Violence\u00a0\u00e9conomique\u00a0: privation de ressources, obligation \u00e0 l\u2019endettement, comptes bancaires et aides sociales au nom du conjoint\u2026 d\u00e9poss\u00e9dant les victimes de toute autonomie financi\u00e8re Violence\u00a0psychologique\u00a0: harc\u00e8lement, d\u00e9nigrement, jalousie, d\u00e9valorisation, humiliation Violence\u00a0machiste\u00a0: bonne \u00e0 tout faire, exigences vestimentaires et esth\u00e9tiques Violence\u00a0mat\u00e9rielle\u00a0: objets cass\u00e9s Isolement\u00a0: privation de d\u00e9placement, de papiers, s\u00e9questration, s\u00e9paration de la famille et des ami.e.s, interdiction de sortie (loisirs, vie sociale) Violence\u00a0sexuelle\u00a0: la plus cach\u00e9e. Viol conjugal, agression sexuelle, harc\u00e8lement, prostitution Chantage aux enfants\u00a0: papiers, menaces d\u2019enl\u00e8vement, d\u00e9nigrement de la m\u00e8re Violence num\u00e9rique : harc\u00e8lement par SMS, messages Facebook ou autres applications smartphone (Snapchat, Instagram, What&rsquo;sapp), piratage des comptes Facebook ou autre, surveillance et contr\u00f4le gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9olocalisation des smartphones,\u00a0diffusion de photos ou vid\u00e9o intimes\/\u00e0 caract\u00e8re sexuel\u00a0sans consentement ou d&rsquo;informations priv\u00e9es Les violences psychologiques et physiques sont intimement li\u00e9es. S\u2019il peut y avoir violence psychologique, verbale, sexuelle etc. sans violence physique, l\u2019inverse n\u2019est pas vrai : tous les auteurs de violences physiques \u00e9tablissent\u00a0d\u2019abord une emprise psychologique. Par ailleurs, les violences psychologiques sont celles qui perdurent le plus longtemps, m\u00eame apr\u00e8s la s\u00e9paration. N\u2019ayant plus acc\u00e8s aux espaces priv\u00e9s qui lui permettaient d\u2019\u00eatre violent physiquement, l\u2019auteur compense en maintenant une pression et une emprise psychologique \u00e0 distance. Lorsqu\u2019il y a des enfants, c\u2019est le plus souvent \u00e0 travers eux que cette pression se manifeste. Les autres formes de violences que les violences physiques sont d\u2019autant plus dangereuses qu\u2019elles\u00a0affectent durablement l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et la confiance en soi de la victime\u00a0et qu\u2019elles sont\u00a0plus difficilement rep\u00e9rables et condamnables. De nombreux.ses professionnel.le.s sont encore mal form\u00e9.e.s sur la mani\u00e8re de les rep\u00e9rer et il est souvent difficile de les prouver : peu de proc\u00e8s sont gagn\u00e9s. &nbsp; Bien souvent, les auteurs de violences conjugales entretiennent en dehors de la sph\u00e8re priv\u00e9e une image d\u2019homme charmant, sociable et de bon p\u00e8re quand il y a des enfants. Soucieux de contr\u00f4ler leur image et d\u2019entretenir une apparence de contr\u00f4le de leur vie intime, il arrive souvent que l\u2019entourage familial, les voisins, les ami.e.s ne soup\u00e7onnent pas les violences, sous couvert de\u00a0\u00ab\u00a0personnalit\u00e9s\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0monsieur est bout-en-train, madame est plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9e\u00a0\u00bb. Nos intervenantes sociales retrouvent ce d\u00e9doublement comportemental dans beaucoup de situations \u00e0 l\u2019association. Cela rend la situation des femmes victimes encore plus difficile :\u00a0\u00ab\u00a0personne ne me croira, tout le monde l\u2019aime\u00a0\u00bb ; \u00ab\u00a0il s\u2019entend bien avec tout le monde, pour quoi je vais passer si je porte plainte ?\u00a0\u00bb. De plus, le conjoint a souvent isol\u00e9 au fur et \u00e0 mesure la victime de son entourage. Les ami.e.s et la famille du conjoint deviennent son unique r\u00e9seau social. Leur parler des violences conjugales qu\u2019elle subit devient d\u00e9licat. Quant au \u00ab\u00a0bon p\u00e8re\u00a0\u00bb, on sait aujourd\u2019hui que la violence conjugale a des cons\u00e9quences dramatiques sur les enfants, dont on ne parle d\u2019ailleurs plus comme des \u00ab\u00a0enfants-t\u00e9moins\u00a0\u00bb mais comme des \u00ab\u00a0enfants-victimes\u00a0\u00bb. Certains enfants pr\u00e9sentent les m\u00eames\u00a0troubles de stress post-traumatiques\u00a0que leur m\u00e8re : insomnies, cauchemars, reviviscences,\u00a0 troubles alimentaires, phobies, troubles du comportement\u2026 Les parents et le climat familial qu\u2019ils cr\u00e9ent sont les premiers mod\u00e8les des enfants, desquels ils s\u2019inspirent pour se construire.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":9,"menu_order":2,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-169","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/169","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=169"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/169\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":551,"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/169\/revisions\/551"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/9"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/savoiedefemme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=169"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}