La violence conjugale

 

Gifles, blagues humiliantes, coups de poing, séquestration, rapports sexuels forcés, étranglements, sarcasme, menaces, harcèlement, brûlures, destructions de bien, excès de colère, fractures, mépris… La violence conjugale désigne, au sein d’une relation intime ou privilégiée, une atteinte volontaire à l’intégrité et la liberté de l’autre, une emprise psychologique, la volonté de contrôler et dominer son ou sa partenaire.

La violence conjugale n’est ni accidentelle, ni le résultat d’une dispute de couple, ni le signe d’une union en difficulté. Elle est inacceptable et punissable par la loi. Elle désigne une volonté de destruction de l’autre pour le contrôler, un abus de pouvoir, un rapport de force inégal.

Les formes des violences sont multiples (verbale, physique, psychologique, économique, sexuelle, administrative, numérique) et peuvent se cumuler. L’absence de blessure physique ne signifie pas l’absence de violence. Les violences psychologiques sont reconnues comme des violences par la loi. Aucune violence n’est justifiable.

La violence au sein du couple est régulière bien que ne s’exerçant pas toujours de la même manière. Les comportements violents se multiplient et alternent avec des moments d’accalmie, de manière à tenir la victime dans un état d’attente, d’espoir et de peur. Ce processus déstabilise la victime ainsi que l’entourage et les professionnel-le-s. Sous emprise, la victime donne l’impression de ne pas vouloir partir et de défendre l’auteur des violences, alors qu’elle est souvent isolée, en état de sidération et par ailleurs menacée. Cette emprise ajoutée aux bénéfices du secret du privée permet aux auteurs d’exercer leur violence souvent en toute impunité.

La violence conjugale constitue la forme la plus répandue de violence envers les femmes. Elle est le produit d’une culture patriarcale qui tend à contrôler le corps des femmes et les empêcher d’exercer un pouvoir similaire à celui des hommes. Les conséquences de la violence conjugale tendent à être minimisées et sont peu connues de tou-te-s, qu’il s’agisse du coût économique et social mais également des conséquences sur les enfants qui sont tout aussi victimes que leur mère.

La violence conjugale ne peut définitivement plus être considérée comme une affaire privée. Elle est l’affaire de tou-te-s y compris de la justice et de la santé publique. Elle est un obstacle de taille à l’égalité entre les femmes et les hommes et au respect des droits fondamentaux des femmes et des enfants.